Les impacts de la crise sanitaire mondiale sur l’accessibilité numérique

Ça y est ! Je suis prêt à vous partager mes premières impressions sur la crise sanitaire actuelle. Eh non, je ne parlerai pas de la COVID-19, ni des décisions gouvernementales ou des tests en laboratoire. Je laisse les experts de ces domaines nous transmettre la bonne information. Par contre, j’ai envie de vous parler de l’impact actuel de cette crise sanitaire mondiale sur l’accessibilité des produits et des services dans l’environnement numérique. J’aborderai aussi l’impact probable et celui souhaité face à ce grand bouleversement dans le quotidien de millions de gens, qui doivent maintenant jongler avec plusieurs outils numériques pour remplir leurs obligations professionnelles ou personnelles et répondre aux besoins de leur famille, pour certains.

L’impact actuel

Les mesures de confinement ont nécessairement un impact sur les différentes pratiques pédagogiques et d’affaires. On ne peut actuellement pas se rendre dans les lieux professionnels ou académiques. Mais, est-ce la fin de l’apprentissage ? J’ai une petite nouvelle : les fermetures physiques des écoles n’a pas mis fin, à l’apprentissage de la lecture et l’écriture et surtout pas l’apprentissage de la vie. La classe physique est bel et bien fermée, mais est-ce que les enfants, les jeunes et les adultes ont cessé d’apprendre? Mon avis et mon expérience de père de famille me font dire que c’est tout le contraire. Les modalités ont changé, mais certainement pas l’acte d’apprendre!

Plusieurs écoles, plusieurs enseignants et conseillers pédagogiques, ainsi que plusieurs parents ont compris que ce n’est pas la fin de l’apprentissage. C’est peut-être par contre, la mort de nos façons plutôt archaïques de transmettre les connaissances et de développer des stratégies d’apprentissage, qui ne sont plus adaptées à l’ère numérique dans lequel les historiens nous placent en 2020.

Bien entendu, ça ébranle tout le monde puisque nous devons nous adapter, mais cette adaptation est-elle complètement négative ?

Dans tous les réseaux, que ce soit en éducation ou en affaires, les gens se mobilisent pour proposer de nouvelles façons créatives et originales d’apprendre, de créer ou de travailler. On voit se multiplier l’effort de la mise en place du télétravail, d’offres de formation à distance, de contenus numériques de qualité.

Certains sont plus habiles que d’autres, mais plusieurs s’y mettent ensemble pour offrir une continuité. Ce qui est intéressant, c’est que cette crise sanitaire oblige à plusieurs à développer leurs compétences numériques. Une bonne chose en soi pour mieux comprendre la jeune génération et répondre à leurs besoins.

Aujourd’hui, plus que jamais, apprendre aux jeunes à avoir un sens critique à propos du contenu en ligne, comment mieux gérer son temps d’écran, comment apprendre grâce aux outils qu’ils sont à leur disposition. Il leur faut découvrir cette relativement nouvelle société numérique. Cette société qui émerge depuis déjà quelques années et qui pour certains, était encore totalement inconnue ou effrayante.

Toutes les entrainent des changements qui provoquent des crises et des peurs, mais avant tout, les révolutions créées surtout un renouveau. N’est-il pas temps que l’on prenne conscience que les environnements numériques doivent être régulés et pris d’assaut par l’ensemble de la société ? Les environnements numériques ne remplaceront pas la présence bienveillante de nos proches qui sont un autre type d’écosystème que nous pouvons utiliser pour apprendre, travailler, partager et nous aider dans la vie hors ligne.

L’impact probable

Malheureusement, dans cette nécessité de transformer nos entreprises, nos écoles, cégeps et universités en des lieux numériques, l’accessibilité est peut-être vue comme un obstacle aux développements rapides de solutions digitales. On voit beaucoup de partage de ressources éducatives numériques, de ressources de soutien au télétravail dans les milieux professionnels, mais ces ressources sont-elles accessibles pour les utilisateurs ayant une diversité de besoins? Avons-nous pensé que certains élèves et employés pourraient ne pas percevoir, comprendre ou utiliser les ressources de la même manière que les autres ? Je fais référence aux personnes qui ont, par exemple, un trouble d’apprentissage, un trouble cognitif, qui sont malentendant ou sourd, qui ont un trouble moteur ou visuel, qui sont analphabètes numériques, etc. Converger vers le numérique sans penser à cette diversité d’utilisateurs signifie poursuivre l’inégalité sociale, ce qui est inacceptable. D’ailleurs, depuis 2008, l’ONU a décrété le droit à l’accès à l’information comme un droit fondamental.

La production et la diffusion massive de contenus numériques qui ne serait pas accessible à une diversité de besoins sont, à mon sens, un maintien d’une forme d’exclusion sociale. Recréer le même « pattern » qui existe dans le monde hors ligne est inconcevable. Nous avons dorénavant grâce aux sciences sociales, des centaines, voire des milliers, de données et recherches qui donnent accès aux connaissances des besoins de différentes situations de handicap. Il n’y a plus d’excuses pour ne pas le faire, c’est très bien documenté de nos jours. On ne peut plus dire que nous ne connaissons pas les besoins de ces différents utilisateurs du numérique.

La vraie question qui subsiste, est de savoir si les organisations publiques, privées et les entreprises sont prêtes solidairement à fournir les efforts qui seraient bénéfiques tant pour eux, que pour le reste de la société ?

L’impact souhaité

Nous sommes dans un formidable moment pour réinventer nos pratiques et mettre de l’avant l’accessibilité numérique. Étonnamment, les grands joueurs numériques tels que Google, Apple, Microsoft et Adobe mettent à la disposition de tous des fonctionnalités d’accessibilité, des moyens de créer du contenu, des produits, des services et des environnements numériques inclusifs et accessibles. Bien sûr, ces gros joueurs ne sont pas parfaits et ils ne le font malheureusement pas par empathie humaine. Peu importe les raisons, il n’en demeure pas moins que ces joueurs numériques ont vu l’intérêt d’être plus inclusif et accessible. On pourrait aussi citer en exemple au Québec le mouvement Desjardins, qui mobilise depuis quelques années déjà des efforts pour rendre leur plateforme numérique plus accessible et plus inclusive.

Finalement, je pense qu’il est primordial de prendre ce virage de l’accessibilité numérique au Québec, autant pour les maisons d’édition que pour les agences Web les développeurs de solutions numériques, les écoles, etc. Il est grand temps de penser et agir autrement. N’attendons pas d’adapter les informations, offrons-les accessibles dès le départ. Nous économiserons en temps et argent, tout en optant pour une société équitable où la participation sociale de tous et de toutes est valorisée.

Si vous voulez en savoir davantage sur l’accessibilité numérique, visitez les différentes sections de notre site Web.

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